Sortilège d'Ala Eddine Slim


 Dans une caserne en Tunisie, un jeune soldat informé du décès de sa mère se voit accorder une permission. Il déserte. Une femme au foyer enceinte s'échappe de sa vie ennuyeuse auprès de son mari. Ils se retrouvent tous deux dans une mystérieuse forêt...

Sortilège est un film déroutant, étrange, hors du temps et dans lequel on aime à se perdre. La bande-originale signée du groupe Oiseaux-Tempête nous enveloppe dans l'atmosphère toute particulière que développe Ala Eddine Slim dans son film. Il faut alors en tant que spectateur se laisser porter et entrer dans le songe.

Les personnages font le choix de s'émanciper du carcan de la société et leur mode de vie sauvage remet en cause toutes les normes. Le fantastique s'immisce alors peu à peu dans leurs existences, allant même jusqu'à questionner les normes de genre de manière étrange et poétique. 


Le film fait preuve dans sa première partie d'une véritable audace dans la réalisation, qui emporte le spectateur, puis le rythme ralentit de plus en plus, et je dois avouer que j'ai un peu décroché. Le réalisateur impose des choix esthétiques forts, et notamment celui de ne pas avoir recours au dialogue oral entre ses deux personnages principaux, inventant ainsi une nouvelle forme de language poétique. Le film se divise ainsi en deux parties nettement distinctes, la seconde étant caractérisée par sa lenteur et la plongée au coeur de la nature qu'elle offre.

En bref, Sortilège est un film atypique et remarquable par son rythme, de très beaux plans séquences et la vision de la société qu'il propose. Pour plonger entièrement dans l'oeuvre, il faudra accepter de se laisser prendre à son rythme et d'oublier tout point de vue rationnel sur ce qui nous est montré, mais le jeu en vaut la chandelle.

photogramme extrait du film

 Sortilège (Tlamess) réalisé par Ala Eddine Slim, avec Abdullah Miniawy,  Souhir Ben Amara et Khaled Ben Aissa, en salle depuis le 19 février 2020.

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