Chroniques de la vie parisienne #1 septembre 2020

 Un peu à l'arrache, une fois le mois définitivement achevé, je voulais publier un petit retour sur ce que j'ai vu, lu et vécu en septembre. Parce qu'il y a des choses à dire, à force. À la manière d'un petit journal de bord, un peu décousu, voici donc ce qu'il s'est passé en septembre dans ma vie. Septembre c'est un peu comme le troisième mois des vacances, on reprend les cours au milieu du mois, on profite des derniers rayons de soleil et on se prépare à enchaîner avec une année à courir partout. Ralentir, reculer, pour mieux sauter. 


En septembre, j'ai retrouvé Paris. J'ai emménagé dans ma nouvelle chambre, à la Cité Internationale Universitaire, il faisait encore beau, les jours avaient un goût d'été. C'était le moment de se remettre dans le bain des études, de planifier l'année à venir. J'ai passé un entretien à la Comédie-Française et finalement intégré son Bureau des Jeunes Lecteurs-Auteurs, sur lequel je publierai un article bientôt. 
Ça a été l'occasion ce mois-ci de découvrir deux pièces de théâtre : Les Exilées d'Eschyle dans la traduction d'Irène Bonnaud et Les Suppliants d'Elfriede Jelinek. Lors d'un atelier de lecture, nous avons eu la chance de rencontrer Irène Bonnaud et d'échanger avec elle sur son travail de metteuse en scène et de traductrice. Son choix de titre pour la pièce d'Eschyle traditionnellement nommée Les Suppliantes invite ainsi à repenser la place des exilé·es dans notre société et dresse un parallèle entre ces princesses et les hommes et femmes qui tentent eux aussi de sauver leurs peaux. 

Mon retour à Paris a aussi signé mes grandes retrouvailles avec les théâtres : ce mois-ci, je suis allée à la MC93 de Bobigny, au TGP de Saint-Denis, à la Comédie-Française et au théâtre de la Ville. J'y ai vu notamment des spectacles qui exploraient les questions du politique et de la révolution (Qui a tué mon père, La Ruée, Hors la loi). Ces trois spectacles exploraient chacun à leur manière ces questions : Qui a tué mon père de et avec Edouard Louis mis en scène par Ostermeier présentait dans une mise en scène sobre et épurée un auteur-acteur en prise avec son propre corps pour raconter celui de son père. "L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique".  Avec La Ruée, Boris Charmatz portait sur scène L'histoire mondiale de la France de Patrice Boucheron, et nous faisait traverser l'histoire de France et la MC93 au rythme de la danse. Que peuvent nous dire les corps de notre histoire ? Enfin, au Vieux-Colombiers, la reprise de la pièce Hors la loi de Pauline Bureau, portée par la troupe de la Comédie-Française, retraçait le parcours de Marie-Claire Chevalier et le célèbre procès de Bobigny dans une mise en scène subtile et touchante, mais qui perdait peut-être un peu en intensité dans la reconstitution dudit procès. 

J'ai aussi revu Un Conte de Noël mis en scène par Julie Deliquet au TGP à Saint-Denis, adaptation au plateau du film de Despleschin, que j'ai trouvé, comme la saison passée, plein de finesse et de maîtrise, nous introduisant dans le salon d'une famille au bord de l'effondrement. 


Côté expo, j'ai découvert le Musée des Arts Décoratifs à travers son exposition dédiée au magazine de mode  américain Harper's Bazaar et fait un détour par le Palais de Tokyo pour y voir l'exposition des élèves de l'école Kourtrajmé, Jusqu'ici tout va bien. Cette dernière explorait la question des violences policières mais aussi de la vie en banlieue en général à travers la filiation entre les films La Haine et Les Misérables

La vie parisienne c'est aussi pouvoir aller au cinéma autant qu'on veut et ne jamais voir les mêmes films, et j'ai ainsi pu assister à l'avant-première du dernier film de Gaspar Noé, Lux Aeterna, avec la magistrale Béatrice Dalle. Multipliant les effets visuels, le film nous plonge dans une forme de transe sans réellement explorer son sujet pourtant passionnant, cette figure de la sorcière qui traverse toute l'histoire du cinéma et n'a jamais cessé de fasciner. 


Et puis je poursuis ma réflexion sur la manière dont je veux investir ce blog, cette chambre à moi que je me suis créée et que je partage un peu avec le monde. J'aimerais pouvoir y consacrer plus de temps, mais avec la reprise des études et du théâtre, difficile pour moi de publier plus d'un à deux articles par mois. Peut-être le format du bilan mensuel convient-il plus à cette fréquence de publication, et je souhaiterais aussi partager des articles plus longs et proposant une réflexion plus poussée sur un sujet précis - à la manière de celui publié sur les captations de spectacles pendant le confinement. 

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